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La trentaine, fléau ou bénédiction ? On répond.

written by Solène 1 août 2017
À l’approche de la trentaine, vient surtout le bilan de fin de vingtaine. L’analyse de cette bucket list instaurée par la société et du fameux package “mariage-bébé-proprio”. La pression. Retour sur la réalité de la trentaine en 2017, et pourquoi, finalement, c’est mieux que la vingtaine.

La trentaine, ce fléau.

Le passage à la trentaine est un cap. Comme, lorsque tu as eu 10 ans et enfin le droit de monter à l’avant de la voiture, ou 20 ans, lorsque tu quittes le foyer pour prendre ton envol.

Tic-Tac, Tic-Tac, elle approche accompagnée de ses fidèles destriers : les cheveux blancs, les rides, le manque de sommeil, l’âge adulte, les mariages (ceux des autres), les enfants (toujours ceux des autres) et les “Uuh la, minuit, je vais y aller moi, on est que jeudi!”. Mais, surtout une pression de la société (lire la famille) qui attend de toi que tu fasses les mêmes choix qu’elle (“il serait temps, à ton âge”), parce qu’évidemment, ce sont les bons (hum!). (et d’autant plus pour les célibataires !)

Voilà pourquoi une pression existe autour de la trentaine et pourquoi on la voit comme une épée de Damoclès au-dessus de la tête.

Mais éloignons-nous un instant de ce schéma, de ce tableau. Laissez-les au sol et regardez-les s’éloigner. Peu importe que vous soyez mariés, propriétaires ou parents. Recentrez-vous sur vous, sur ce que vous êtes, indépendamment de tout ça. Regardez comment vous avez évolué, les choix que vous avez pris, les expériences que vous avez vécues et votre rapport réel aux autres, à la vie.

Revenons alors sur les 4 piliers qui animent nos questionnements et essayons de les voir comme des alliés plutôt que comme des contraintes.
trentenaire

La trentaine, le bilan !

La trentaine, cette bénédiction 

Les amours, coeur-coeur-love.

L’amour à 30 ans, qu’il débute ou qu’il ait 10 ans, n’est évidemment plus le même qu’à 20 ans.

Métaphore.

Afin d’illustrer mon propos, je vais vous donner un exemple incroyablement banal. Lorsque vous avez 8 ans, vous voyez un arbre, vous y allez, vous montez, sans réfléchir. Vous allez de branche en branche, jusqu’à la cime pour vous sentir le maître du monde, tout là-haut. C’est excitant, c’est palpitant, c’est drôle et léger. Votre objectif ? Atteindre le sommet et se sentir invincible. Mais bien évidemment, après vous êtes cassé la figure, avoir pleuré dans les jupes de votre mère et avoir retenté l’expérience un genou en sang et l’autre plein de mercurochrome, et cela, 18 fois d’affilé, la 19e tentative est moins franche.

Maintenant, vous savez que ça peut faire mal, qu’il y a des obstacles, que parfois on se blesse. Alors, vous y allez quand même parce que l’objectif est excitant, mais à plus doucement. Vous observez et faites le tour de l’arbre, regardez les points d’accroches, ceux sur lesquels vous pourrez vous appuyer en cas de déséquilibre et vous mettez un pied après l’autre.

(vous avez compris que dans cette métaphore, l’arbre c’est l’être aimé, tout ça ?)

Réalité.

En amour, c’est la même chose, on prend son temps. On ne se précipite plus, on évite les histoires passionnelles qui ne mènent nulle part, on s’évite des blessures inutiles. Et puis surtout on se connait, on sait ce qu’on veut, ce qu’on recherche, ce dont on a besoin. On a de l’expérience aussi, alors on sait reconnaître l’histoire foireuse, on la voit arriver et on agit en conséquence.

Cela n’empêche aucunement d’avoir des papillons dans le ventre, d’attendre impatiemment un message, de rire bêtement ou de pleurer (on est humain, bordel!). Mais c’est plus raisonnable.

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Exemple d’amour passionnel qui ne marche pas après le générique de fin !

Le boulot, diffuseur de bonheur, plus seulement rémunérateur

Le travail, aaaah le tra-vail. Se former, faire son CV, rester minimum 10 ans dans la même boite, cotiser pour la retraite. La sécurité. Voilà ce qu’on m’avait dit de faire. Oups, 9 ans que je travaille, 5 boites différentes, et je viens de signer une rupture conventionnelle. Pourquoi ? Parce que personnellement, j’ai décidé que si j’allais passer un tiers de ma vie à travailler, je voulais faire de mon quotidien, une ballade de croisière.

De la vingtaine à la trentaine, la recherche

La trentaine est souvent un déclencheur dans notre rapport au travail. Et pour une fois, le bilan est une bonne chose. On a choisi une voie, il y a 10 ans et on l’a suivi. Parfois, dans la même boite, parfois non. On n’a pas osé la reconversion, la remise en question. Et puis, même si une envie de changement nous animait, alors, on se disait, oui, mais pour faire quoi ? Et si je me plantais ? Adepte de la méthode de l’autruche, on s’est dit que bon, ben, c’était la vie.

Et puis à l’approche de la trentaine, on sait. Nos envies, nos capacités, nos possibilités, se précisent. On connaît les valeurs que l’on souhaite retrouver au travail, à quoi doit ressembler notre journée ou les ambitions qu’on peut avoir (si on en a). On sait également, si on veut placer le travail au centre de notre vie ou donner la priorité aux autres piliers.

De la décision à l’action

Alors, souvent, vous verrez des trentenaires prendre des décisions et les transformer en actions (oui, moi par exemple, j’ai décidé d’être riche, mais bon …) : se reformer, faire un bilan de compétences, déménager, changer de boite, etc. Et, c’est une bonne chose, c’est qu’ils décident alors, de placer le bien-être au travail (ou de faire le lien entre son bien-être et le pilier “travail”) au centre de sa réflexion.

Le trentenaire est un accord avec lui-même. Bonheur.

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Baby Boom – Diane Keaton dans le rôle d’une working girl qui croyait être heureuse….

Quelle place ont nos amis dans notre vie ?

Il y a tout d’abord un constat factuel….

Avec les responsabilités grandissantes de l’âge adulte (le travail, les enfants, nous-même et nos réflexions existentielles), on a moins de temps pour nos amis. C’est un fait. Ex: “21h, je rentre du boulot, je commande des sushis, je regarde un film. Ne m’appelez surtout pas !”

Premièrement, on ne les voit plus tous les jours, contrairement à nos années étudiantes (se référer à l’article sur ce qui nous lie à nos amis). Il faut alors, prendre le temps d’entretenir, de travailler, cette relation avec nos amis et d’autant plus lorsqu’on est éloignés géographiquement. C’est de l’énergie, du temps. Ex : “Ben… Lundi, j’ai Yoga, mardi, j’ai une soirée boulot, mercredi, je vois une ancienne collègue, jeudi, j’ai un pot de départ, après je pars en vacances et au retour, j’ai un déplacement pro… On se dit juillet 2019 ?”

Deuxièmement, les gens évoluent. Nos valeurs changent, on devient indépendant de l’éducation qu’on a reçue et il se peut qu’entre nos 20 ans et nos 30 ans, on s’éloigne moralement. Il se peut que nos points communs, se délient avec le temps. Ex : “Hein ? D’où tu n’écoutes plus les Spice Girls, tu renies tes origines !”

…. Puis un constat de choix

Nos amis ne sont peut-être plus notre priorité. Et oui, surtout si vous êtes en couple, avez fondé une famille. Alors votre ordre de priorité à changé. Rien de personnel, juste la logique du cœur. Ex : “Ton anniversaire ? Ah, merde, impossible, Lola a son récital de violon (Lola, 3 ans, sait à peine tenir un archet).” 

Alors à 30 ans, les amis qui ont survécu à tout ces constats, ils sont solides. Ceux avec lesquels on arrive à se voir plusieurs week-ends par an lorsqu’ils sont loin. Ou qu’on voit au moins une fois par semaine. Les amis qui sont au courant de ce qu’on a fait la semaine dernière (c’est d’ailleurs avec eux, qu’on a descendu une bouteille de rosé en terrasse, en le regrettant le lendemain). Finalement, ceux avec qui on bâtit encore de nouvelles histoires. Ils nous connaissent, nous aiment pour ce que nous sommes réellement. Et ça c’est assez merveilleux.

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Les potes, les vrais.

La famille, l’acceptation de l’âge adulte

Alors la famille, c’est toute une histoire (scrolling eyes). Ils sont le reflet de celle ou celui que nous étions avant de prendre notre indépendance (financière et morale).

Depuis nos 20 ans, et notre envol du cocon familial, un rapport assez compliqué s’est installé. Nous n’avons plus besoin d’eux, mais nous auront toujours besoin d’eux (hein?). Il faut apprendre à doser. En effet, nous ne les consultons plus forcément sur nos choix de vie, nous avons nos propres idées, opinions, valeurs, façons de vivre, d’agir, de réagir, de comprendre et intégrer le monde et parfois, c’est compliqué à intégrer pour eux. Alors ils se vexent, ils critiquent, ils nous engueulent même parfois (“Oui, oui ben c’est ça, pars à l’autre bout du monde, tu viendras pas pleurer après”).

Et c’est là que la trentaine a du bon. Puisqu’on sait enfin qui nous sommes et ce que nous voulons dans la vie, nos discours sont plus construits et rassurent nos parents. Parce que, leur seule préoccupation, et ça je l’ai compris tard, ce n’est pas qu’on choisisse le même schéma de vie qu’eux, mais qu’on soit en sécurité. Tout simplement. La clé, c’est de parler de vos projets et changements une fois que ces derniers sont réfléchis et aboutis. Sinon, leurs conseils (même si on ne leur a rien demandé), seront motivés par la sécurité et en aucun cas, objectifs.

Bref, à 30 ans, on sait gérer nos parents (et les réflexions du reste de la famille, par la même occasion). On évite ainsi beaucoup de conflits et de conversations inutiles (oui, maman, j’ai pris un pull, non, je n’aurai pas froid).

 

trentenaire

Aaaaah, la famille !

Alors quel est le bilan de ma vie ? (seul les trentenaires comprendront cette référence!)

Le bilan, c’est qu’avec la trentaine, vient la maturité, la sagesse, le recul et la maîtrise des piliers qui constituent notre socle de bien-être (que vous seul déterminez, évidemment). L’image qu’on en a est faussée par le “schéma”, par le cliché que nous donnaient nos parents. Mais je vous rassure à 30 ans, on vit pleinement et sereinement. Plus qu’à 20 ans.

Vivement les 40 !

trentaine

– Do you have a plan ? – I don’t even have a “pla” !

 


PS: Ceci n’est pas une étude sociologique, ni psychologique de notre société (je ne suis pas Freud, bordel) mais juste une analyse et un constat, partant de mon ressenti et de celui des gens qui m’entourent.

PS²: J’ai fait un effort surhumain pour ne pas illustrer entièrement cet article par des extraits de “Friends”.

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3 comments

The Flonicles 2 août 2017 at 13 h 10 min

Merci de m’avoir mis les Neg’Marrons en tête 😀
J’ai presque trente ans mais j’ai l’impression de vivre sur une autre planète que les autres trentenaires perso, heureusement j’ai trouvé quelqu’un qui est comme moi sur ce plan ^^

Reply
Blue Berry 2 août 2017 at 14 h 11 min

Ahahah avec plaisir 🙂 T’inquiètes la trentaine se fait en douceur!:D

Reply
Couple ou célibat : comment se détacher du poids de la société ? 6 mai 2018 at 23 h 22 min

[…] tracé nous poursuit tel un effet boule de neige, qui avec l’âge grossit et nous menace (surtout passer la trentaine, âge où nous sommes supposés avoir accompli une bonne partie du sché…). Et nous l’avons tellement en tête, que lorsque nous arrivons à une étape, il faudrait […]

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