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Et si nous décidions de ne pas être heureux ?

written by Solène 22 septembre 2019

Je ne vous ai pas raconté mon début d’année ?

Nous sommes le 06 janvier 2019, il y a 6 jours j’ai décidé de commencer « un mois sans alcool ». Bien avant d’entendre parler du phénomène Dry January, je m’étais inspirée, en revanche, du très drôle Tristan Lopin qui avait relevé le défi en novembre ! Je me suis dit qu’un petit mois sans alcool, après 10 jours de fêtes de famille et d’apéros entre potes ne ferait pas de mal. Résultat des courses depuis le 1erjanvier : 2 kirs, 3 bières, 4 verres de vin rouge, un verre de blanc. Ni-ckel ! Ce n’est pas grave, je vais m’en tenir à éviter l’alcool la semaine… Ça sera déjà un début.

En même temps, je suis à cet âge où si je m’abstiens de boire de l’alcool, la plupart des gens vont penser que je suis enceinte. Parce que oui, vous savez, j’ai 30 ans passés, je suis en couple donc FOR-CÉ-MENT mon but ultime est de repeupler la planète !

Alors pour cette première newsletter de l’année j’aimerais faire une demande particulière : est-ce qu’on pourrait nous lâcher un peu les baskets ?

Je vais vous en raconter une bien bonne : ma vie, mes choix. En fait c’est un concept assez rigolo, comme la première concernée par ma vie, c’est moi-même, je n’ai que faire de vos injonctions, diktats, « il serait temps de » ou autres, « moi si j’étais toi ».

Je fais bien ce que je veux. Et a priori ça ne vous empêche pas à vous de faire ce que vous voulez. Qu’est-ce que c’est que cette manière qu’ont les gens de vouloir qu’on leur ressemble à tout prix ? Quelle est cette étrange habitude de vouloir associer un âge à une situation, un sexe à une couleur, une classe sociale à un style de vie ou à un bord politique. Et cela marche pour tout. Je suis féministe donc de gauche, je suis parisienne donc snob, j’ai 30 ans donc je dois être proprio, mariée et en train de faire des bébés.

Et bien non, ou si, d’ailleurs mais cela ne vous regarde pas. Personne n’est en mesure d’imposer un style de vie à son prochain. Ce n’est quand même pas compliqué, bordel. Laissez les autres vivre leurs vies, vous verrez que la vôtre n’en sera que plus douce.

C’est très drôle comme la recherche du bonheur peut nous faire penser n’importe quoi. Nous sommes tellement persuadés que le bonheur existe et de surcroît qu’il n’existe qu’une seule façon de s’épanouir, que non seulement nous nous l’imposons à nous-mêmes mais en plus nous l’imposons aux autres. Nos jugements (souvent inconscients), nos petites phrases assassines à celui ou celle qui « ne rentre pas dans les clous » et nos regards en biais ne sont que le reflet de notre frustration. Avons-nous si peur de voir quelqu’un suivre un chemin qui n’est pas le nôtre que nous jetons la pierre au premier qui ne nous ressemble pas ?

Eh bien je vais vous décevoir mais la conception du bonheur est surfaite. Parce que l’idée même du bonheur est trop souvent attachée à l’idée de perfection. Et que la perfection n’existe pas. Et ça tout le monde le sait mais reste persuadé qu’il existe un moment clé où tous nos souhaits, nos envies, nos besoins seront réunis engendrant ainsi l’état de bonheur.
Apprenez à vous connaître et vous serez heureux. Achetez une maison et vous serez heureux. Faites-ci, faites-ça pour être heureux. Bullshit.

Et pourtant il n’est pas impossible d’être heureux. Et je vous dis cela depuis le fond de mon canapé avec un torticolis. Autant vous dire que ce n’est pas l’idée du bonheur que l’on se fait. Être heureux ce n’est pas un état statique. C’est en revanche s’émanciper d’un schéma, d’une injonction, d’un diktat, être plus conscient de la vie, du monde, de la nature, de notre relation avec les autres, de nous-mêmes.
C’est apprendre à faire des choix, s’assumer, croiser son reflet dans un miroir et ne pas se juger, se détacher du regard des autres et par la même occasion de leurs jugements. Être heureux c’est chasser nos démons, s’entourer de gens merveilleux, partager, rire, danser comme si personne ne nous regardait, ne pas rester les yeux rivés sur son écran en quête de followers. C’est apprendre à apprécier un coucher de soleil, une glace, une séance de sport, un bol de quinoa. C’est apprendre à relativiser, prendre du recul, prendre de la hauteur. C’est laisser des gens que l’on aime partir pour toujours ou juste s’éloigner de nous, c’est aussi se détourner de ceux qui nous font du mal ou nous empêchent d’avancer.

Choisissez ce qui vous correspond le mieux. Il n’y a pas de règles, de but à atteindre pour être heureux. Il faut commencer par arrêter de vouloir être heureux et juste commencer à vivre. Vivre. Vivre pleinement. Vivre ses échecs, vivre ses succès, vivre les moments présents, vivre les rencontres éphémères et celles qui durent toute la vie, vivre ce job, vivre ces changements mais les vivre. Il faut ressentir, réajuster. En permanence.

Vivre c’est le mot clé.

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