Home Newsletters S2.E4. POURQUOI FAUT-IL METTRE LE LAIT APRÈS LES CÉRÉALES ?

S2.E4. POURQUOI FAUT-IL METTRE LE LAIT APRÈS LES CÉRÉALES ?

written by Solène 10 décembre 2021

J’aurais pu vous parler des présidentielles, d’Omicron ou de votre rétrospective Spotify, mais j’ai décidé de vous parler du sempiternel débat : faut-il mettre le lait avant ou après les céréales ? 

Chacun ses priorités après tout. 

J’ai fait quelques recherches sur le sujet et il semblerait qu’un vrai clivage existe entre les consommateurs et consommatrices de céréales. 

Personnellement, je mets le lait après les céréales. La quantité parfaite se situant juste au-dessus de la dernière céréale tombée du paquet. Question de parfait dosage, donc. 

Certains préfèrent mettre le lait avant les céréales pour garder le croustillant le plus longtemps possible. Pourquoi pas. C’est un vrai choix stratégique. 

Et vous me direz, quel débat insignifiant que celui du lait sur ou sous les céréales. Mais détrompez-vous, ce sont ces petites choses qui donneront la tonalité de votre journée. 

De plus, n’est-il pas nécessaire de mettre au défi nos habitudes, nos pensées les plus ancrées à chaque instant ? De questionner et se questionner ? 

L’autre jour, je mangeais une orange – bon, une clémentine en réalité, mais l’histoire marcherait moins bien – et je me suis demandée lequel des deux est arrivé en premier : la couleur ou le fruit ? 

Eh bien vous serez ravi d’apprendre que le fruit est arrivé en premier. Et que la couleur s’appelait en réalité “couleur d’orange”. Voilà de quoi briller à votre prochaine soirée entre ami·e·s. 

Et cela m’a amenée à une autre réflexion : pourquoi l’entreprise Orange s’appelle-t-elle Orange ? Sur le sujet, je n’ai pas eu envie de faire de recherches, mais j’ai deux hypothèses : soit les mecs du marketing n’avaient franchement pas envie de se fouler, soit ce sont des génies. Tant les choses les plus simples sont celles dont on se souvient le plus. Ou alors ils sont fans d’orange, le fruit ou la couleur, on ne le saura jamais. Et puis surtout, on s’en fiche, me direz-vous ?

Eh bien vous auriez tort, parce que toutes ces réflexions inutiles en amène une bien plus utile : se poser des questions. 

Je crois que la meilleure façon d’avancer dans la vie, c’est de se poser des questions. Les bonnes, les mauvaises, les pertinentes et les inutiles. Elles permettent à notre cerveau de rester éveillé, ouvert et alerte. 

Le problème avec les questions, c’est qu’on en attend souvent des réponses. Et c’est là que le bât blesse. La plupart du temps, personne n’a de réponse. 

L’autre jour, j’ai regardé “Moi, moche et méchant 2” avec des enfants. Dans le dessin animé, des voleurs décident de voler la Lune. R., 7 ans, m’a alors demandé à quoi servait la Lune. Premier réflexe, prendre mon téléphone et demander à Google. Mais j’étais coincé sous un plaid avec un thé à la main et une flemme monumentale de me lever. J’ai alors fait ce que toute personne qui ne sait pas répondre à une question fait pour ne pas passer pour un·e imbécile : je lui ai retourné la question. 

S’en est suivi un débat autour de la place de la Lune dans l’univers, de l’utilité de voler la Lune (vraie question !) et de l’importance de ces questions. Bref nous avons fait fonctionner nos petits cerveaux pour réfléchir ensemble plutôt qu’apporter une réponse toute faite – qui plus est, celle de Google – au débat. 

Ce qu’il faut retenir est que personne n’aime se retrouver sans réponses. 

Nous avons un besoin viscéral de connaître les réponses à nos questions, ou à celles des autres. Mieux encore, nous adorons partager le fait que nous avons réponse à tout. 

C’est pour ça que nous adorons passer des heures à débattre autour d’une bouteille de vin avec d’autres personnes qui elles aussi aiment débattre, briller ou l’exercice de la joute verbale. 

Et tout y passe : la météo, le lait avant les céréales, ou le candidat à la présidentielle qui a dernièrement déclaré qu’il était “le seul candidat à avoir un programme en faveur des femmes” (“Les cons ça ose tout”, comme dirait l’autre). 

Notre quête de “savoir” est d’ailleurs bien souvent accompagnée d’une quête de “prévoir”. On veut prévoir ce qui va se passer. Demain, dans 10 ans et dans 100 ans. 

La plupart du temps, on peine à prévoir l’heure suivante, alors ce qui va se passer dans 100 ans, n’en parlons pas. Et puis quel intérêt de savoir ce qui va se passer si l’on n’en fait rien ? Par exemple, de nombreuses études prouvent que la planète se meurt. Et que fait-on ? On envoie des millionnaires dans l’espace pour le kiff. 

Quand on ne peut pas prévoir, on s’en remet aux voyants, aux astrologues et autres aficionados des boules de cristal. Je ne dis pas que ce sont des foutaises, je dis juste que les horoscopes m’ont prédit la richesse plus de fois que je n’ai de sacs Chanel dans mon placard (à savoir zéro).  

La plupart du temps, il est impossible de prévoir. Quand on sait que “gouverner, c’est prévoir” un grand nombre de choses s’explique. Mais c’est un autre débat.

Je pense qu’il est temps que nous acceptions que l’on ne maîtrise absolument rien. Ni les réponses, ni le futur. On se déchargerait alors d’un poids bien trop grand pour nos petites épaules. 

Une année s’achève et je me demande combien de temps j’ai passé à essayer de savoir, de prévoir. Est-ce que cette année, nous nous sommes posés suffisamment de questions ? Est-ce que nous avons pris de la hauteur ? Est-ce que nous avons au moins mené un débat dans l’idée d’apprendre plutôt que d’imposer notre vision ? Est-ce que nous avons suffisamment fait marcher notre cerveau et notre créativité pour apporter de la nuance aux idées établies ? Est-ce qu’au lieu d’essayer de prévoir nous avons agi ? 

Vous avez 3h. 

Parce que la réponse à tout se situe dans l’action. Sans action, rien ne se passe. Demain, essayez de faire l’inverse de vos habitudes, juste pour voir. 

Sur un malentendu, vos céréales seront plus croustillantes.

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