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La sororité et autres crêpages de chignons.

written by Solène 5 juillet 2020
sororité

Je suis une hypocrite. Une vraie.
Parfois, il faut savoir se regarder dans un miroir et être capable d’auto-critique. Je suis de celles qui prônent la bienveillance, la sororité mais qui peuvent être capables des pires vacheries lorsque je passe une soirée entre copines (avec du vin).

Mais laissez-moi vous demander… Avez-vous déjà critiqué une autre femme en fonction de son apparence ? Son poids, le choix de ses chaussures, la longueur de sa jupe ? Trop grosse, trop maigre, trop vulgaire, “has been” ? Ou encore, avez-vous déjà critiqué une femme en fonction de son comportement vis-à-vis des hommes ? Trop prude, trop « Marie couche-toi là » ? Avez-vous déjà critiqué une autre femme en fonction de ses choix de vie ? Pas assez ambitieuse, trop carriériste ? Ou encore de ses choix de maternité (ou non maternité) ? Trop laxiste, trop sévère ? Pire avez-vous déjà observé, mais n’avez-vous rien dit ?

Qui n’a jamais “bitché” me direz-vous ? Et vous avez raison, il n’y a pas de mal à ça. Ça défoule et ce n’est jamais méchant. Sauf qu’à faire de la critique notre activité préférée nous alimentons le système de rivalité qui existe entre les femmes et qui nous empêche de nous concentrer sur le véritable problème… Car lorsqu’on se crêpe le chignon, eux, ils deviennent Présidents, Directeurs, Ministres. Nous leur servons le pouvoir sur un plateau d’argent et en porte-jarretelles qui plus est.

Et si nous redonnions sa place à la sororité ? Quand allons-nous nous réveiller et nous entraider au lieu de nous diviser pour essayer de plaire à celui qui peine à nous considérer comme son égale ?

Nous avons tant de choses en commun. Nous vivons toutes les mêmes choses, tous les jours, tout le temps. Quand cesserons-nous de nous dévaloriser, nous humilier les unes les autres et quand commencerons-nous à nous relever pour mettre un terme à cette mascarade ?

Nous ne sommes pas des produits, une monnaie ou un service, nous ne sommes pas à vendre. Nous n’avons pas à participer au jeu de la concurrence.

Voilà tout le mal que fait le grand méchant patriarcat. Certes. Et vous ? Que faites-vous ? N’étiez-vous pas au courant ? N’est-il pas trop facile de blâmer l’homme et sa vision de la société.

La qualité de courage n’est pas réservée à la gente masculine, emparez-vous d’elle. Prenez vos responsabilités. Il en va de l’avenir de notre société. Bouleversons notre vision de l’autre. Réinventons les relations entre les femmes. Donnons un grand coup de pied dans cette fourmilière qui cherche à nous nuire. Défendons-nous les unes les autres, unissons-nous dans l’injustice et alors, alors peut-être le monde changera.

Usons nos nombreux miroirs pour faire face à nos responsabilités. 

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