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Je me suis réconciliée avec Glamour !

written by Solène 5 septembre 2018

J’ai redonné sa chance au magazine Glamour et je suis ravie ! La nouvelle formule est bien plus proche des valeurs que Bobonne défend au quotidien. La révolution des médias est-elle en marche ?

J’ai commencé à lire des magazines féminins très jeune. Je suis passée par les Jeunes & Jolies et 20 ans et autres dictateurs de l’apparence pendant de longues années. Ils ont fini par me convaincre que le secret du bonheur et la normalité résidaient dans un corps mince et sans défaut, un dressing plein à craquer et à renouveler en permanence, l’accumulation de biens de consommation quelqu’ils soient (comment ça je n’ai pas besoin d’un fer à boucler alors que j’ai déjà les cheveux bouclés ?), la vie à deux avec l’homme parfait, un job de rêve dans la mode, la beauté ou le luxe… et j’en passe et des meilleures.

Je ne suis pas une meuf de magazine, m’a-t-on dit

 

glamour

© Meuf Paris

Pour en savoir plus sur @meufparis c’est par ici !

Un formatage de la perfection

Un jour, je me suis réveillée et j’ai réalisé que je m’étais bien faite entuber. On m’a fait croire que j’avais des besoins pour me faire acheter des biens. On m’a fait croire que je n’étais pas désirable (oui, je reprendrai de la raclette, deux fois, merci.). Où encore que mes choix de vie n’étaient pas les bons. On m’a soufflé que je n’étais pas assez féminine. J’ai eu l’illusion de ne pas être assez riche. On m’a fait croire que ne pas posséder faisait de moi une perdante. J’ai grandi en pensant que je devais vivre dans un monde où ma principale préoccupation devait être ma capacité à séduire un homme par mon physique (non, pas par ton cerveau, malheureuse, quelle horreur!).

Deuxième chance

J’ai refermé les Grazia, Elle, Glamour, Cosmo et Vogue quelques années. Puis je les ai ré-ouverts. Tous. Je les ai tous rachetés pour voir. Dans l’espoir qu’un changement eût été opéré et que quelques consciences se fussent réveillées. J’ai pleuré face à temps d’irresponsabilité. Oh, je sais. Les temps sont durs dans les médias et les annonceurs y dictent leurs lois. Mais quand bien même…

La déception

100 pages de pub dans Vogue, n’est-ce pas pas légèrement exagéré ? Je ne parle même pas des oppositions d’idéologies (de positionnement, convictions, valeurs) qui émane du magazine. Finalement, si parlons en ! En page 171, du dernier numéro (numéro 990) vous apprécierez, messieurs dames, une publicité prônant le port de la fourrure animale au nom de l’écologie (merveilleuse pirouette toutefois hautement discutable).

Pourquoi pas finalement, si c’est leur positionnement. Le hic de l’histoire arrive quelques pages plus tard alors que le shooting bijoux est ponctué de ce titre : “Pièces iconiques et fausse fourrure…”. Mais non, ils ne bouffent pas à tous les râteliers, qu’allez-vous penser.

Glamour

Vogue numéro 979

Et je ne vous parle même pas du shooting de Claudia ou Naomi qui ont l’air plus jeunes maintenant que dans les 90’s. Les temps sont durs. Mais nous mettrons la bible des tendances fashion à part, puisque Vogue est un magazine de mode. Pas un magazine féminin.

Alors passons aux autres. “Elle” ? Eh bien “Elle” nous dit qu’il faut avoir un dressing avant 30 ans et se maquiller le décolleté pour être une femme accomplie. Je vous passe les détails et l’inventaire des aberrations trouvées de part et d’autre des magazines “féminins” (combien de femmes dans les boards de direction, d’ailleurs ?).

Glamour

“Spécial rajeunir”, le vis ma vie de Benjamin Button.

Jusqu’au moment où…

Et puis j’ai ouvert le dernier Glamour et sa nouvelle formule (le numéro 3 plus exactement). Soulagement. Il se passe quelque chose du coté de Glamour. Ils ont recommencé à zéro et se sont posés la question : au fait, elle veut quoi notre lectrice ? Banco, c’était la bonne question les amis ! A se demander ce que les gars au market’ ont foutu toutes ces années…

Approuvé par Tania Dutel

Cela fait maintenant quelques temps que nous suivons l’évolution de l’excellente et drôlissime Tania Dutel. La jeune femme s’est fait connaitre sur YouTube au travers d’une série de vidéo (“Arrêtez tout”) se moquant ouvertement des conseils prodigués par les magazines féminins. 

Récemment, tout comme nous, elle a mis de l’eau dans son vin et a accepté l’invitation de Glamour à écrire une tribune libre. Et elle commence d’ailleurs sa tribune par une explication envers son public, qui sans (ou avec ?) surprise se trouve probablement dans celui de Glamour :

Si tu me connais, tu sais que je n’aime pas les magazines féminins. Si tu ne me connais pas (y’a plus de chances), voici une brève explication. J’ai fait beaucoup de vidéos dans lesquelles je me moquais clairement de ces magazines et de leur façon de s’adresser aux femmes. Alors pourquoi tu me lis ici ? Parce qu’on m’a demandé d’écrire une tribune et comme tu l’auras peut-être remarqué, Glamour a fait un reboot de son magazine et ça y est, on ne parle plus de poids toutes les 3 pages pour connaître la meilleure technique pour maigrir“.

Glamour

Tania Dutel

Et effectivement, on n’y parle plus de régime toutes les deux minutes !

La nouvelle formule de Glamour

La couv’ sans pression

Une couverture combattive qui nous plonge rapidement dans une ambiance féministe. Elle arbore même, au cas ou le message de ne serait pas clair un petit mantra “Action is glamour”, qui sera d’ailleurs décliné en fonction du sujet au travers des pages du magazine.

Non pas sans rappeler les accroches favorites des mouvements féministes grandement utilisées par les marques de prêt-à-porter tel le fameux ” The future is female.

Ensuite, pour le plaisir de nos yeux, la couverture ne nous assomme pas de millions de titres les plus alarmants les uns que les autres. Les mots “régime” ou “ride” y sont apparement à présent bannis. Au contraire, Glamour se positionne comme moteur de l’empowerment : “Prenez les commandes”, “Relâchez la pression” etc.

Glamour

Glamour, nouvelle formule

Du contenu pertinent

Et que trouvons-nous en parcourant les pages de cette nouvelle formule ? En résumé beaucoup moins de bullshit, beaucoup plus de profondeur. Et ça fait du bien !

A commencer par l’excellent article d’Aurore Merchin sur les femmes qui pratiquent des sports de combat (non, ce ne sont pas des garçons manqués, oui le terme “garçon manqué” est à révoquer de notre vocabulaire), parce que nous aussi nous avons parfois envie de frapper dans un sac !

Suivi du dossier de Coline Clavaud-Mégevand, sur “le réveil de la force”. Mon chouchou de ce numéro. Bien écrit, drôle, avec des pointes de sarcasmes comme on aime. Parce qu’en 2018, vous êtes probablement des personnes ouvertes d’esprit et connectées mais malheureusement ce n’est pas le cas de tous vos voisins.

Glamour

Alors de quelle force parle-t-elle ? Des minorités qui sont quelque peu lassées d’être les cibles (faciles) de ceux qui scandent des phrases comme “Le féminisme, ça va bien 5 minutes” ou encore “Il faudra bientôt s’excuser d’être blanc”. Elle nous livre même quelques conseils pour convaincre votre tonton facho au prochain diner de famille ! Délicieux.

Des sujets de société, des portraits de femme et des thématiques et des angles qui nous intéressent, nous élèvent, et aident à notre émancipation. Des sujets controversés mais avec des arguments qui se confrontent et vous laissent faire votre choix. Merci.

C’est presque ça mais…

Glamour

Où sont-elles ces filles-là ?

Pour la partie mode, même si il y a encore bien trop de marques totalement inabordables pour le commun des mortels, des mannequins beaucoup trop minces et des photos encore trop retouchées,  il y une amélioration sur le message global.

Sur les pages shooting, des femmes libres, fortes. Sur les pages produits, Glamour cherche à nous inspirer plus qu’à nous complexer.  Plus de titres à pression, comme “les must have de l’hiver” mais des infos tendances, des conseils de look. C’est validé.

Un gros gros bémol sur le dossier beauté qui appuie cette dictature du paraître et de la perfection, il faudra revoir votre copie la-dessus cher Glamour. Pour le reste vous avez les encouragements du jury. 

Glamour

‘… IS GLAMOUR’, en communication c’est ce qu’on appelle une baseline.

En conclusion, une belle réussite cette nouvelle formule ! Je vais continuer à lire ce Glamour version 2k18 et je vous le recommande mais attention, à lire avec détachement. Ce n’est qu’un magazine.

 

 

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