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Wonder Woman, le féminisme pour les nuls.

written by Solène 7 juin 2017

Après des mois de promotion panzer, Wonder Woman débarque sur nos écrans. Et par la grâce du marketing, tout le monde n’a plus qu’un seul mot à la bouche : féminisme. À en croire la majorité des avis, le dernier blockbuster super-héroïque de Warner serait une ode au féminin sacré et à l’empowerement.

wonder woman

Tu seras un homme, ma fille.

Plutôt que de s’attarder sur les qualités cinématographiques de l’œuvre (indice, c’est juste une super-production bien craignos), penchons-nous sur cet argument de vente, censé convertir une nouvelle frange du public et pousser ces messieurs à ne pas se rendre seuls dans les salles obscures.

Diana Prince, serait donc la première super-héroïne à tenir le devant de l’affiche. La première dans le cadre d’un projet très couteux et la première dont la réalisation a été confiée à une femme, certes, mais Super Jaime, Elektra, Ma Super Ex ou Jessica Jones lui ont largement grillé la priorité…

Toutefois, ce n’est pas là que le bât blesse. En apparence, Wonder Woman peut effectivement passer pour une petite révolution au sein du cinéma d’action, avec sa protagoniste surpuissante, qui ne s’en laisse pas compter, qui dérouille les méchants et met fin à la Première Guerre Mondiale. Sauf qu’il ne s’agit que d’apparences…

Premièrement, le film, plutôt que de proposer quelque chose de neuf et d’envisager l’héroïsme de son héroïne comme un sujet à part entière, se contente de donner au personnage de Gal Gadot des attributs de super-héros masculins rebattus. La Wonder Woman des Comics était une guérisseuse pacifiste, désireuse d’étouffer la soif de sang des humains, celle qui vous attend au cinéma est simplement une guerrière en quête de victoire, qui trouvera sa raison d’être… sur un champ de bataille.

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Charge métal.

Mais il y a beaucoup plus problématique. Dans Wonder Woman, Diana Prince est systématiquement accompagnée par un homme, lequel a toujours l’ascendant sur elle. La fière Amazone a toujours été dépeinte comme un protagoniste candide et peu au fait de la cruauté des hommes. Sauf que la faiblesse d’écriture du film en fait un zébulon comique nécessitant toujours le recadrage d’un personnage masculin, parfois au sens littéral du terme, Miss Prince ayant souvent besoin d’être réinstallée manu militari par des mains masculines au centre de l’image.

Un cadrage présent également dans les dialogues, l’amant-compagnon-mentor de notre héroïne étant fréquemment obligé de lui rappeler les enjeux du scénario, des fois que le spectateur les oublie, ou que Wonder Woman s’égare dans une intrigue pourtant simplissime.

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Enfin, quand viendra, comme dans tout récit initiatique qui se respecte, le moment du doute, et la nécessité de trouver un sens à ses actions, c’est encore une fois d’un mâle que viendra le sermon salvateur. Comble du paternalisme, il faudra qu’un mec un vrai apprenne à la ptite Wonder la valeur du sacrifice, et le sens de sa lutte, pour lui donner l’étincelle indispensable à la résolution de l’intrigue.

Non, Wonder Woman n’est pas un film féministe, à peine un film féminin. En l’état, il ne vaut guère que comme blockbuster Marvélien standardisé, plutôt efficace et désincarné. Ellen Ripley et Sarah Connor peuvent dormir sur leurs deux oreilles.


Simon, c’est la caution ciné de BOBONNE ! Rédacteur en chef du site Ecran Large depuis deux ans, Simon mange, boit et rêve cinéma ! Son péché mignon ? Les films bizarres et mal élevés !

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