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Le nouvel an. Et si on s’en foutait de la fin d’année ?

written by Solène 14 mars 2020
nouvel an
Entamons cette newsletter par une petite anecdote dont seule ma famille a le secret : mes grands parents se sont mariés un 31 décembre, il y a presque 60 ans.
Nous commencerons par les féliciter pour cette performance d’endurance matrimoniale à l’heure où l’amour dure à peine trois ans. Et ajoutons à cela un bon point pour avoir envoyé valser la traditionnelle fête de fin d’année communément appelé ‘réveillon’ ou ‘nouvel an’ et, par la même occasion, toutes les coutumes qui lui sont liées. D’ailleurs, lancés comme jamais, ils ont donné naissance à leurs enfants un 24 décembre et un 29 février. Joueurs mes grands-parents ? Un chouia.

Bref ceci dit, nous sommes le 29 décembre : plus que trois jours pour prendre les mêmes résolutions que l’année dernière. Vous avez commencé votre liste ? Si ce n’est pas fait, pas de panique, a priori vous pouvez reprendre celle de l’année dernière.

Chaque année, c’est la même rengaine, nous espérons que du jour au lendemain – littéralement – notre vie change ou même pire que nous changions, nous-même.

Entre le 31 et le 1er, à part une bonne gueule de bois, vous n’aurez rien gagné de plus. 2020, ne sera pas différent de 2019. Entre 23h59 et 00h01, la seule chose que vous noterez c’est le manque de réseau. Vous avez remarqué ? Tous les ans, on sait pertinemment qu’on ne capte pas, mais on essaie quand même d’appeler nos proches pour leur souhaiter une bonne année. Et ce, entre deux embrassades et une coupe de champagne à la main.

– Tu m’entends ? Allo ? Tu m’entends ?

Pas de réponse.
– Bon.. beeeen… je sais pas si tu m’entends mais ‘Bonne Annééééééée’ !
Puis on lève notre téléphone vers la foule en délire qui nous accompagne :
– Allez les gens, on souhaite tous une bonne année à ma mamaaaaaan !
Intention de l’ivresse qui ira se perdre dans les abimes du réseau de télécommunication français. Tous les ans.

La nuit est tombée sur 2019 et la plupart du temps une autre vilaine habitude nous incombe : faire le bilan. Et lorsque vient le bilan de l’année vient le bilan de la décennie et généralement le bilan d’une vie. Trop de bilan tue le bilan, vous en conviendrez.
Fuyez, c’est un piège : les bilans forcés ne sont jamais bénéfiques et pire encore ne regardez pas les bilans des autres. Ceux qu’ils se font une joie de poster sur les réseaux sociaux. Et franchement après la tornade ‘Noël en famille’ et son flot de réflexions désagréables, nous n’avons que faire du bonheur filtré des autres…

Quelle est donc cette vilaine habitude de vouloir faire croire au monde entier que tout va toujours bien ? À en croire Instagram et ses compères, les femmes enceintes ont accouché sans douleurs (lol), les sportifs n’ont pas de courbatures, les burgers ne font pas grossir et il n’y a plus besoin de travailler pour réussir. Génial ! Si quelqu’un dans l’assemblée connaît le passage secret pour accéder à ce monde merveilleux, qu’il se manifeste !

Un bilan qui aurait pour curseur la vie irréelle de votre influenceur préféré n’est que foutaise. La fin de l’année n’est qu’un prétexte. Un prétexte pour regarder en arrière, un prétexte pour retrouver espoir, un prétexte pour appeler les gens qu’on aime et leur souhaiter tout le bonheur du monde.

Si je devais jeter un seul regard en arrière, prendre une seule bonne résolution, tirer un seul enseignement, il serait de ne plus attendre.

Ne plus attendre la fin de l’année pour organiser une soirée avec mes amis, pour être fière de ce que j’ai accompli, pour m’être relevée et avoir su rebondir après des moments difficiles. Ne plus attendre pour tirer des enseignements et gagner en sagesse, ou pas.

La fin de l’année est le moment que nous choisissons pour remettre nos vies sur rails. Nous nous lançons alors des objectifs impossibles à atteindre qui ne sont que sources de déceptions et désillusions. Nous flagellons notre passé et nous puisons notre force dans l’espoir d’un renouveau utopique. Renouveau qui, je le rappelle, commence par une belle gueule de bois, 3 dolipranes et un plat de pâtes. Ironique, non ? N’attendons plus.

N’attendons plus pour forger la personne que nous souhaitons être, n’attendons plus pour aller au bout de nos envies, pour entreprendre, pour faire des projets, pour rectifier le tir, pour aimer, pour pleurer, pour vivre.

C’est un luxe aujourd’hui d’attendre pour vivre. Alors vivez, vivez fort.

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