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Féminisme et sororité. Ensemble c’est mieux.

written by Solène 10 décembre 2019

Nous sommes le 22 avril 2019. Hier nous étions le 21 avril 2019 (sans blague, Bobonne ?). Il y a exactement 75 ans, le 21 avril 1944, les femmes ont obtenu le droit de vote. Et ça ne s’est pas fait en un claquement de doigts. Bien au contraire il aura fallu de nombreuses décennies de luttes à travers le monde pour voir le droit de vote des femmes adopté.

La petite histoire

En France, en réponse à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, ne prenant pas en compte les femmes, Olympes de Gouges rédige la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, dont est extraite la célèbre citation :« La femme a le droit de monter sur l’échafaud, elle doit avoir également le droit de monter à la tribune. »

Elle donnera le ton, mais il faudra attendre la fin de la première guerre mondiale pour que les françaises encouragées par le mouvement des suffragettes en Angleterre s’empare de ce combat.

Bien après, en 1944, De Gaulle élargira le droit de vote aux femmes : « Les femmes sont électrices et éligibles dans les mêmes conditions de l’homme ».

Les femmes de ma génération ont grandi en prenant pour acquis le droit de vote, la contraception, l’avortement et bien d’autres droits pour lesquels nos mères et grand-mères se sont battus.

Bref, rien que vous ne sachiez pas (enfin j’espère sinon Google est votre ami !).

Alors pourquoi je vous dis ça ?

Tout d’abord, parce qu’il est bon de rappeler qu’il faut chérir ces droits. Car comme le disait si bien notre très chère Simone de Beauvoir :

« N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant. »

Deuxièmement, il me semble important de souligner que l’union fait la force. Phrase bateau ? Si seulement. Ce weekend, réunion familiale oblige, j’ai passé beaucoup d’heures sur la route et je ne conduis pas. Aussi, j’ai passé beaucoup d’heures sur les réseaux sociaux et à lire les articles de divers médias parus entre vendredi et aujourd’hui.

À l’heure où nous devrions célébrer qu’ensemble les femmes ont réussi un tour de force il y 75 ans, nous passons notre temps à nous déchirer (entre femmes) et à faire d’un combat noble comme le féminisme, une gue-guerre d’égo.

Aujourd’hui les femmes ne font pas front. Elles sont divisées, elles se jugent, ne s’écoutent pas. Quel dommage. Les féministes aussi. Celles qui pourtant sont les têtes pensantes, la force active et l’espoir dans la lutte vers une véritable égalité entre l’homme et la femme sont de moins en moins capable de s’allier et choisissent de se diviser.

Le système patriarcal 

Nous avons tous et toutes grandi dans un système privilégiant l’homme à la femme. Nous avons tous intégré un certain nombre de valeurs, de codes erronés. Si nous souhaitons qu’un monde meilleur voit le jour nous devons être unis.

Ceux qui jouent consciemment de ce système ancré dans notre société sont très peu nombreux. Il y a effectivement une différence entre l’homme conscient de perpétuer des codes et valeurs patriarcales souvent sexistes et machistes et l’utilisant pour asseoir sa domination sur la femme (et les autres hommes) ; et il y a l’homme qui le fait inconsciemment jusqu’au jour où nous le mettons face aux contradictions de ce système de pensée et qui finit par changer d’attitude. Fort heureusement il y a plus d’hommes dans le second cas que dans le premier.

Mais attention : féroce est celui craignant la perte de son pouvoir. Même si ce pouvoir lui a été attribué sans mérite ni raison. Féroce est celui qui n’a pas les acquis intellectuels pour avancer la tête haute parce que pleine et bien faite dans ce monde. Bête et méchant, il disait.

« Toute virilité ostentatoire signale bien souvent une virilité défaillante. Vouloir exhiber sa testostérone relève la plupart du temps d’un plaidoyer pro domo : on montre ce à quoi on aspire mais qui nous fait défaut. La virilité authentique n’a pas besoin d’être spectaculaire, théâtralisée, exposée, il lui suffit d’être. » Michel Onfray, Cosmos

Et je comprends les hommes, les sympas, ceux qui sont dotés d’un cerveau en état de marche mais qui n’ont pas encore fait ce cheminement. Mais les femmes ?

Et la sororité ? 

Les femmes (dont je fais partie) ont évolué dans une société patriarcale qui leur a appris qu’il fallait être la plus jolie et la meilleure pour plaire aux hommes (super !). De là est née (en partie bien sûr, je ne vais pas vous refaire toute l’histoire) cette compétition acharnée entre nous. Aussi, les comportements malsains peuvent s’expliquer… un peu. Mais je m’interroge :

Qu’en est-il des féministes qui instruites, conscientes et averties sur le sujet jettent la pierre à d’autres féministes (féminisme universel vs féminisme intersectionnel ou encore féminisme traditionnel vs neo féminisme) ? Qu’en est-il des médias jetant de l’huile sur le feu (des médias contrôlés pas des hommes… Oh wait !) ? Qu’en est-il de ces femmes qui par compétition envers leurs paires, traitent leurs subalternes comme des moins que rien, répétant ainsi leur propre expérience passée ? Qui sont ces femmes justifiant le viol d’une autre par le port de sa mini-jupe ?

J’aimerais comprendre… Que souhaitez-vous, quel est votre but, si ce n’est un leitmotiv égocentré ? Alors je vous invite tous, aussi nombreux que vous êtes à vous concentrer sur des combats plus nobles que votre égo.

Au moment où – chaque semaine amenant son lot de tragédie – le Sri Lanka pleure la perte de 290 personnes et presque autant de blessés, ne serait-ce pas l’heure de prioriser ?

Demain matin, à la machine à café, si votre collègue est fatiguée et un peu à fleur de peau, messieurs, ne lui demandez pas si elle a ses règles mais offrez-lui votre aide ou un sourire sincère, c’est déjà ça. Mesdames, si votre collègue est au bout du rouleau, ne tirez pas la couverture sur vous en pointant du doigt ses faiblesses, aidez-là.

Quant à vous mes chères compatriotes féministes, quel est ce drôle de jeu auquel vous jouez en nous divisant ? Avez-vous oublié ce concept de sororité que vous clamez si haut et si fort ? Je n’ai pas la science infuse, loin de là, je n’ai pas tout vécu et mené très peu de combat, je me trompe souvent mais j’ai l’impression que nous luttons toutes pour la même chose… n’est-ce pas ?

Il y a 75 ans, le 21 avril 2019, les femmes obtenaient le droit de vote, dans une lutte solidaire et commune. Prenons exemple sur nos ainées, elles ont plutôt fait du beau boulot jusqu’à présent.

Mesdames, messieurs réveillez-vous.

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